Venezuela

Tepuy Kukenan, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

I had the misfortune to see the video of the trip of Nicolas Hulot, the French environmental activist and ex-Minister of the Ecological and Solidary Transition (May 2017 to August 2018), in one of the 115 Venezuelan tepuys, the Kukenan, and the virus got hold of me. These flat mountains, with endemic vegetation, their own climate, cut off from the rest of the world, at the base of the formation of the moon.

Nicolas Hulot says: “Its surface [of Kukenan] tortured by erosion for hundreds of millions of years transports the explorer to another planet […] the fantastic forms populating the top […] it is undoubtedly one of the least terrestrial landscapes that one can meet on our planet ”.

J’ai eu le malheur de voir la vidéo du voyage de Nicolas Hulot, l’activiste français de l’environnement et ex-ministre de la Transition écologique et solidaire (mai 2017 à août 2018), dans un des 115 tepuys vénézuéliens, le Kukenan, et le virus m’a pris, ces montagnes plates, à végétation endémique, avec leur propre climat, coupées du reste du monde, à la base de la formation de la lune.

Nicolas Hulot raconte: “sa surface [du Kukenan] torturée par l’érosion depuis des centaines de millions d’années transporte l’explorateur sur une autre planète […] les formes fantastiques peuplant le haut […] c’est sans doute un des décors les moins terrestres qu’on puisse rencontrer sur notre planète”.

Tepuy Roraima, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

Indeed, the summit-plateau of the Roraima tepuy that I climbed – just next to the Kukenan where Hulot went – looks as much like a vast and uninterrupted deposit of meteorites as a lunar landscape.

“The Guyanese shield which is several thousand meters below the Roraima is almost contemporary with the era of the formation of the Earth, 3.6 billion years ago”.

De fait, le sommet-plateau du tepuy Roraima que j’ai escaladé – juste à côté du Kukenan où est allé Hulot – ressemble autant à un vaste et ininterrompu dépôt de météorites qu’à un paysage lunaire.

Le bouclier guyanais qui est à plusieurs milliers de mètres en-dessous du Roraima est quasi-contemporain de l’époque de la formation de la Terre, il y a 3,6 milliards d’années”.

Tepuy Roraima, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017. View of the Kukenan tepuy from the top of the Roraima tepuy. Vue du tepuy Kukenan à partir du dessus du tepuy Roraima.

What also impressed me is the most accepted and recent theory by the scientific community that the Moon was formed by the collision between the Earth in formation and an asteroid which was about 10 times less than the mass of the Earth. It hit it “tangentially, otherwise the result would have been much more disastrous”.

What’s more, “this collision took place on the ancient continent called Gondwana (at the time Gondwana was still the southern fragment of Pangea), and the three Gondwana vestiges or bedrocks are in Australia at Ayers Rock, in South Africa the Karoo and here in South America the Guyanese shield. Therefore the point of impact and the place where the materials which partially made the moon would have been torn off are here, but much deeper because they are rocks that have been formed since then”.

Tepuy Roraima, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

Ce qui m’a impressionné également est la théorie la plus admise et la plus récente par la communauté scientifique selon laquelle la Lune s’est formée par la collision entre la Terre en formation et un astéroïde qui faisait à peu près 10 fois moins que la masse de la Terre. Celui-ci l’aurait frappée “tangentiellement ou sinon le résultat aurait été beaucoup plus désastreux”.

Mais encore, que “cette collision s’est faite sur l’ancien continent qu’on appelait le Gondwana, qui à l’époque était encore la Pangée, puisque le Gondwana était le fragment sud de la Pangée, et que les trois vestiges ou socles du Gondwana sont en Australie à Ayers Rock, en Afrique du sud le Karoo et ici en Amérique du sud le bouclier guyanais, donc le point d’impact et l’endroit où auraient été arrachés superficiellement les matériaux qui ont partiellement fabriqué la lune c’est ici, mais beaucoup plus au fond car ce sont des roches qui ont été formées depuis”.

Tepuy Roraima, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017. Black Frog on my palm, Crapaud noir sur ma paume.

What we could see of wildlife was limited. Small birds, two Coatis with a ringed tail – a kind of anteater – and the local specialty, tiny black toads with yellow bellies, the … Roraima Black Frog. The latter is named Oreophrynella quelchii in honor of John Joseph Quelch, a zoologist at the British Museum and then curator at the British Guiana Museum who discovered it during an expedition to Roraima at the end of the 19th century .

La faune visible était restreinte. Des petits oiseaux, deux Coatis à queue annelée – un genre de fourmilier – et la spécialité du coin, de minuscules crapauds noirs au ventre jaune, les … Roraima Black Frog. Pas de nom en français autre que le latin Oreophrynella quelchii, en l’honneur de John Joseph Quelch, zoologiste au British Museum et ensuite curateur au British Guiana Museum qui l’a découvert lors d’une expédition sur Roraima à la fin du 19ème siècle.

Roraima is in the Canaima National Park, a UNESCO World Heritage site since 1994.

Roraima est dans le Parc national Canaima, qui est un site de l’UNESCO World Heritage depuis 1994.

Tepuy Roraima, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

How things change fast. Fifteen years ago there was not a single Brazilian visitor, only Europeans. Now it is the opposite, since the exacerbation of the economic and political crisis in Venezuela 90% of foreign visitors come from neighboring Brazil, Europeans are shitting in their pants, and we are not even talking about North Americans.

Comme les situations changent vite. Il y a quinze ans il n’y avait pas un seul visiteur brésilien, seulement des Européens. Maintenant c’est l’inverse, depuis l’exacerbation de la crise économico-politique au Vénézuela 90% des visiteurs étrangers viennent du Brésil voisin, les Européens font c…. dans leur pantalon, et ne parlons même pas des Nord-Américains.

Kumarakapay, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

Pemon Indian settlement in the Gran Sabana, a region rich in gold and diamonds. Indian villages are quasi-autonomous and it is forbidden to exploit the soil without their permission … in theory.

Colonie d’Indiens Pemon dans la Gran Sabana, une région riche en or et diamants. Les village indiens sont quasi-autonomes et il est interdit d’exploiter le sol sans leur permission… en théorie.

El Dorado, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017.

So many resources, yet so much poverty. All over Latin America.

Tant de ressources, pourtant, tellement de pauvreté. Partout en Amérique latine.

El Dorado, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017. Waiting on line at the gas stations. Queues aux stations-service.

Leaving Santa Elena de Uairén, the Venezuelan city closest to Roraima and Brazil, we passed two buses and five cars broken down at the side of the road, a roadblock of the National Guard and six lines of about twenty cars each waiting for hours to refuel at the city gas station. We were told that it is not a shortage but people going to resell petrol in Brazil where it is 114 times more expensive (1.14 per liter versus one cent), fifteen kilometers away. Yet a few hundred kilometers inside the country — on the way to the Orinoco delta — we still saw the same lines for petrol.

En quittant Santa Elena de Uairén, ville la plus proche du Roraima et du Brésil, nous avons passé deux autobus et cinq voitures en panne au bord de la route, un barrage de la garde nationale et six files d’une vingtaine de voitures chacune attendant pendant des heures pour faire le plein à la station-service de la ville. On nous a expliqué que ce n’est pas une pénurie mais des gens allant revendre l’essence 114 fois plus cher au Brésil (1,14 le litre versus un cent) à une quinzaine de kilomètres de là, pourtant quelques centaines de kilomètres à l’intérieur du pays – en route vers le delta de l’Orénoque – nous avons revu les mêmes files pour l’essence.