The Andes

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Uspallata, Argentina, September 2015.

“At every step the number of dead mules, with which the road from Mendoza to Aconcagua is strewn, appeared to increase. In several places I saw on the abrupt slopes of the mountain, the remains of boxes of linen and of clothes, together with skeletons of mules stopped in their descent by the jutting rocks. More than anywhere, it is in proximity with del Valle de las vacas that are found the tell-tale remains of these terrible dramas of the Cordilleras.

At this point the mountain rises almost perpendicularly, while on the other side it descends sheer down to the rapid torrent that struggles at its base. It was with the greatest difficulty imaginable I climbed and descended this dreaded path, and I could not help sincerely pitying the mules which, laden to the utmost, are called upon to pass over it, after having already endured days of privation and fatigue”.
(“Three Years’ Slavery Among the Patagonians: An Account of His Captivity”)

A century and a half ago, this young French whom I already mentioned in Patagonia, was crazy enough to cross the Andes between Mendoza and up to Valparaiso on foot. At 6,960 meters, Aconcagua is the highest mountain in both the Southern and Western Hemispheres. It also has the highest death rate of any mountain in South America – around three a year – which has earned it the nickname “Mountain of Death”. More than a hundred people have died on Aconcagua since records began.

“Au fur et à mesure que j’avançais, le nombre de mulets morts dont est éternellement jonchée la route depuis Mendoza jusqu’à l’Aconcagua, m’apparaissait plus considérable. En plusieurs endroits, je vis sur le versant rapide de la montagne, des débris de caisses, de linge et de vêtements, mêlés à des squelettes de mules arrêtés dans leur chute par quelques saillies anguleuses du roc. C’est surtout à proximité de la ladera de las vacas que l’on rencontre ces restes accusateurs des scènes terribles de la Cordillère.

En cet endroit, la montagne s’élève presque perpendiculairement, tandis que de l’autre côté elle descend à pic jusqu’au rapide torrent qui lutte avec sa base. J’eus toutes les peines imaginables à gravir et à descendre ce redoutable passage, et je ne pus m’empêcher de plaindre sincèrement les mules qui, chargées à l’extrême, sont appelées à le franchir, après déjà bien des jours de privation et de fatigue”.
(Auguste Guinnard, “Trois ans [1856-1859] d’esclavage chez les Patagons”, Paris, 1861, pp189-190).

Il y a un siècle et demi, ce jeune Français que j’ai déjà mentionné en Patagonie était assez fou pour traverser les Andes à pied, entre Mendoza et Valparaiso. L’Aconcagua, avec ses 6 960 mètres d’altitude, est la plus haute montagne des hémisphères sud et ouest. Elle a également le taux de mortalité le plus élevé de toutes les montagnes d’Amérique du Sud – environ trois par an – ce qui lui a valu le surnom de “montagne de la mort”. Plus d’une centaine de personnes sont mortes à Aconcagua depuis le début des records.

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The Yungas, Bolivia, November 2015.

The Yungas is a narrow band of forest along the eastern slope of the Andes. Narrow is also the road linking the Bolivian altiplano to the Amazonian lowlands, going from cloud forests to moist lowland forest, descending from 4,650m to 1,200m over a few kilometers. In 1995 the Inter-American Development Bank named it the “world’s most dangerous road”, and a 2006, estimate puts at between 200 to 300 the number of travelers killed every year. It is only after that we saw an aerial photo of the road, I mean the one-way, wet, dirt road clinging to the vertical slope of the Andes, at some points 600 meters above the stream at the bottom of the ravine, that we realized how lucky we had been to survive it twice, going down and back up!

Les Yungas sont une étroite bande de forêt située sur le versant oriental des Andes. Aussi étroite est la route qui relie les hauts-plateaux boliviens aux basses terres amazoniennes, passant de forêts nuageuses à forêts de terres humides, descendant de 4.650 m à 1.200 m sur quelques kilomètres. En 1995, la Banque interaméricaine de développement l’a désignée comme «la route la plus dangereuse au monde». Selon une estimation pour 2006, le nombre de voyageurs tués chaque année serait de 200 à 300. C’est seulement après que nous avons vu une photo aérienne de la route, c’est-à-dire la route à bande unique et mouillée qui s’accroche à la pente verticale des Andes, à certains endroits à 600 mètres au-dessus du ruisseau au fond du ravin, que nous avons réalisé à quel point nous avions eu de la chance d’y survivre deux fois, en la descendant et en la remontant!

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Puente del Inca, Argentina, September 2015. 

The Buenos-Aires to Santiago bus did not stop at the Puente del Inca – a natural arch forming a bridge over the Vacas River – so we had to struggle to find it from certain indices as you cannot see it from the road. Instead we stopped a bit higher to pick up a couple dozen Haitians stranded near the Chilean border, protecting themselves from the cold with blankets. This country has a stable economy and readily gives tourist visas which can be turned into work visas, so about 150,000 Haitians have arrived. Some have bad jobs, others better, but many are discriminated, an irony as “a 2014 genetic study found that one in two Chileans had ancestors among the thousands of African slaves brought to the country between the 16th and 19th centuries. But Chile’s elite have long preferred to emphasise their country’s European roots and the newcomers are now the subject of a growing debate”. (https://www.theguardian.com/world/2017/jun/29/caribbean-migrants-chile-desert-minefield)

Le bus de Buenos Aires à Santiago ne s’est pas arrêté au Puente del Inca – une arche naturelle formant un pont sur la rivière Vacas – et nous avons donc dû chercher pour le trouver à partir de certains indices car on ne le voit pas de la route. Au lieu de cela, nous nous sommes arrêtés un peu plus haut pour ramasser une vingtaine d’Haïtiens bloqués près de la frontière chilienne, se protégeant du froid avec des couvertures. Ce pays a une économie stable et donne facilement des visas de touriste pouvant être transformés en visas de travail. Environ 150.000 Haïtiens sont donc arrivés. Certains ont de mauvais emplois, d’autres de meilleurs, mais beaucoup sont discriminés, ce qui est ironique étant donné qu’«une étude génétique de 2014 a révélé qu’un Chilien sur deux avait des ancêtres parmi les milliers d’esclaves africains importés dans le pays entre les XVIe et XIXe siècles. Mais l’élite chilienne a longtemps préféré mettre l’accent sur les racines européennes de leur pays et les nouveaux venus font maintenant l’objet d’un débat grandissant».

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Salar de Uyuni, Bolivia, November 2015.

Flamingos on the edge of the huge salt pans, where the Andes are at their widest, 600 km. Des flamants roses au bord de cette immense saline. là où les Andes ont le plus de largeur, 600 km.

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Escoipe, Argentina, September 2015.

At 3600 m, on the way to most beautiful and wild Ruta 40, past pilgrims coming to Salta on foot or horse from Payogasta. We were in the dark and suddenly emerged above the clouds. Right on the eastern edge of the Andes.

À 3600 m d’altitude, sur le chemin de la belle et sauvage Ruta 40, croisant des pèlerins marchant jusque Salta à pied ou à cheval de Payogasta. Nous étions dans l’obscurité et avons soudain émergé au-dessus les nuages. Juste à l’extrémité orientale des Andes.

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La Paz, Bolivia, November 2015.

At 6438m, overlooking the capital, “¡Illimani, Illimani, centinela tú eres de La Paz! ¡Illimani, Illimani, perla andina eres de Bolivia!” (“Illimani, Illimani, you are the sentinel from La Paz! Illimani, Illimani, you are an Andean pearl from Bolivia!”). It is not the highest mountain in the Andes but on New Year’s Day 1985 it witnessed the highest-altitude crash – at 6.000m – of a commercial plane – Eastern Air Lines Flight 980 going from Asunción, Paraguay, to Miami, Florida, killing all 29 people on board.

A 6438m, surplombant la capitale, “Illimani, Illimani, tu es la sentinelle de La Paz! Illimani, Illimani, tu es la perle des Andes de Bolivie!” dit la chanson. Ce n’est pas la plus haute montagne des Andes, mais le jour du Nouvel An 1985, il a été témoin de l’écrasement à la plus haute altitude – à 6 000 m – d’un avion commercial – le vol 980 d’Eastern Lines allant d’Asunción (Paraguay) à Miami (Floride), tuant tous les 29 passagers.

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National Park Las Cajas, Ecuador, December 2015.

Cajas, one of our top destinations, above all for the mystical beauty of this wild nature, so much so that it is a candidate for World Natural Heritage Site by UNESCO. Over twenty lakes, 19 endemic plants, the straw grass (Calamagrostis intermedia) with an intense beige tone, the rose-red threatened Fuchsia campii, the quinua (Polylepis) trees with their dark red trunks, one of the highest altitude living trees in the world. For this national park goes from 2,800 meters to over 4,400 meters in the Andes.

As far as the fauna is concerned, Cajas is a Ramsar wetland site and an Important Bird Area with 157 bird species among which the Giant hummingbird (Patagona gigas) 23-cm king, and the endemic Violet-throated metaltail (Metalura gorjivioleta or Metalura baroni). Endemic also are the Cajas water mouse (Chibchanomys orcesi) and Tate’s or Silky shrew opossum (Caenolestes tatei).

Cajas, une de nos meilleures destinations, avant tout pour la beauté mystique de cette nature sauvage, à tel point qu’elle est candidate au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plus de vingt lacs, 19 plantes endémiques, les “herbe paille” (Calamagrostis intermedia) au ton beige intense, l’espèce menacée fuchsia campii rose-rouge, les arbres de quinua (Polylepis) avec leurs troncs rouge foncé, la forêt la plus élevée au monde. Car ce parc national va de 2.800 mètres à plus de 4.400 mètres d’altitude dans les Andes.

En ce qui concerne la faune, Cajas est un site sur la liste Ramsar de zones humides et une zone importante pour la conservation des oiseaux avec 157 espèces, parmi lesquelles le colibri géant (Patagona gigas) de 23 cm et la Métallure de Baron endémique (Metalura gorjivioleta ou Metalura baroni). Egalement endémiques sont la souris d’eau des Cajas (Chibchanomys orcesi) et les Tate’s ou Silky Shrew opossum (Caenolestes tatei).

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Popayan to San Agustin, Colombia, December 2015. View from the bus. Vue du bus.

Truly the longest mountain range in the world (7,000 km), and the highest outside Asia with average height of 4,000 m. We had reached the sixth country – on the 67th bus, after four months on the road – and we were still driving on winding roads, in high mountains. Argentina, Chile, Bolivia, Peru, Ecuador, and now Colombia. Venezuela later. I am not mentioning the four non-Andean countries which we visited which have some elevation, but not much, Uruguay, Paraguay, Brazil, Guyana.

Vraiment la plus longue chaîne de montagnes du monde (7.000 km) et la plus haute en dehors de l’Asie avec une hauteur moyenne de 4.000 m. Nous avions atteint le sixième pays – le 67ème bus, après quatre mois de route – et nous roulions toujours sur des routes sinueuses, en haute montagne. Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Équateur et maintenant Colombie. Le Vénézuela viendra plus tard. Je ne parle pas des pays non andins qui ont une certaine élévation, mais pas importante, Uruguay, Paraguay, Brésil, Guyane.

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San Agustin Archeological Park, Colombia, December 2015.

Let UNESCO speak as San Agustín Archaeological Park is a World Heritage Site, at around 2,000 m in the Andes, with 500 pre-Columbian statues, a mere 10 percent, archeologists say, of the statues and ruins still unearthed.

“The largest group of religious monuments and megalithic sculptures in South America stands in a wild, spectacular landscape. Gods and mythical animals are skilfully represented in styles ranging from abstract to realist. These works of art display the creativity and imagination of a northern Andean culture that flourished from the 1st to the 8th century”.

Laissons parler l’UNESCO puisque le parc archéologique de San Agustín est un site du patrimoine mondial, situé à environ 2.000 m dans les Andes, avec 500 statues précolombiennes, à peine 10%, selon les archéologues, des statues et ruines pas encore découvertes.

«Le plus grand groupe de monuments religieux et de sculptures mégalithiques d’Amérique du Sud se dresse dans un paysage sauvage et spectaculaire. Les dieux et les animaux mythiques sont habilement représentés dans des styles allant de l’abstrait au réaliste. Ces œuvres d’art témoignent de la créativité et de l’imagination d’une culture andine du nord florissante du 1er au 8ème siècle».

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