Panama

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San Blas Archipelago, Panama, December 2015.

Amazing that in the 21st century there still is no overland link between Central America and South America. We have to either fly (expensive, but above all against our traveling principles) or be swayed sick on a sailing boat for two days (same price). But, as our friend Dora ironically replied when I complained about it: “Indeed, a Christmas festive atmosphere on a sailboat in the Caribbean… I can imagine worse in life!” And the bonus on the sailing was a 3-day stay in the 380+ island San Blas archipelago.

Last December a company had chartered a Yugoslav ferry who made the Cartagena-Colon (Panama) trip in 18 hours, carrying passengers (80 dollars), cars, and goods, that was great! But end of April it stopped. Years before, in 2012, a… Greek ferry (Nissos Rodos) was supposed to start but never did. Officially it do not get Panamanian/Colombian government approval. If true it is typical of the lack of cooperation that plagues the whole subcontinent.

Incroyable qu’au XXIe siècle, il n’y a pas de lien terrestre entre l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud. On doit soit prendre l’avion (cher, mais surtout contre nos principes de voyage), soit être balloté sur un voilier pendant deux jours (même prix). Mais, comme notre amie Dora a ironiquement répondu lorsque je m’en suis plaint: “En effet, une ambiance festive sur un voilier en Caraïbes, je peux imaginer pire dans la vie !” Et en prime on avait trois jours dans l’archipel San Blas avec ses 380 îles….

En décembre dernier, une compagnie avait affrété un ferry yougoslave qui reliait Cartagena à Colon (Panama) en 18 heures, transportant des passagers (80 $), des voitures et des marchandises, c’était génial! Mais fin avril, il s’est arrêté. Quelques années auparavant, en 2012, un ferry grec (Nissos Rodos) était censé démarrer, mais ne l’a jamais fait. Officiellement, les gouvernements panaméen et colombien n’ont pas donné leur approbation. Si c’est vrai, c’est est typique du manque de coopération qui affecte tout le sous-continent.

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San Blas Archipelago, Panama, December 2015.

They also say that this famous Darien Gap is an important area for the environment (there are two national parks), but coming from Greece I know that these questions do not embarrass politicians. In neighboring Turkey, Erdogan recently built a third mega-bridge on the Bosphorus linking Europe to Asia and a third mega-airport (the largest in Europe! ) in the same area north-west of Istanbul, and he talks about digging there a canal to connect the Sea of Marmara to the Black Sea in addition to the Bosphorus! All in an ecological zone 3/4 covered by forest. “Nothing stops this megalomaniac”, an Istanbulite tour operator told me.

Another reason for the lack of intra-continental passage may be that the gringos would not like an easy way for South American immigrants or drugs to come north. Yet, when we crossed into Nicaragua, we bumped into a large contingent of Cubans who had come via Ecuador. As of Colombian drug dealers, ah ah ah, as if they didn’t have the means. They build narco-submarines that cost $2 million USD but carry a street value of $400 million… “U.S. officials believe about 90% of the cocaine shipped to the U.S. traverses the sea at some point, typically arriving somewhere in Central America or Mexico and being smuggled over the U.S.-Mexico land border”.

Ils disent également que ce fameux Darien Gap est une région importante pour l’environnement, mais venant de Grèce, je sais que ces questions ne gênent pas les politiciens. Dans la Turquie voisine, Erdogan a récemment construit un troisième méga-pont sur le Bosphore reliant l’Europe à l’Asie et un troisième méga-aéroport (le plus grand d’Europe!) situé dans la même région au nord-ouest d’Istanbul. Et il parle de la construction d’un canal reliant la mer de Marmara à la mer Noire en plus du Bosphore. Le tout dans une zone écologique aux 3/4 couverte de forêt. “Rien n’arrête ce mégalomane”, m’a dit un voyagiste istambouliote.

Une autre raison pour l’absence de passage intra-continental peut être que les Amerloques n’apprécieraient pas une voie facile pour les immigrants ou la drogue sud-américains remontant vers le nord. Pourtant, en entrant au Nicaragua, nous sommes tombés sur un important contingent de Cubains venus via l’Équateur. En ce qui concerne les trafiquants de drogue colombiens, ah ah ah, comme s’ils n’en avaient pas les moyens. Ils construisent des narco-sous-marins qui coûtent 2 millions de dollars US mais transportent 400 millions de dollars de drogue … “Les 90% de la cocaïne expédiée aux États-Unis traverse la mer à un moment donné, arrivant généralement quelque part en Amérique centrale ou au Mexique et ensuite passant clandestinement la frontière terrestre étatsunienne”.

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San Blas Archipelago, Panama, December 2015.

As usual, the lone traveler gets bumped. The other possibility was several days of sailing on a series of non-scheduled skiffs, from small port to small port along the coast of the Darien Gap, with the risk of being stranded for days on end in a hole, especially at the Colombian-Panamanian border where we might had to hop a flying crate too small for the number of desperate passengers. So we opted for the sailing boat even though we disliked being squeezed on a small tub with Western tourists, heard stories of large bands of youth getting drunk and partying very noisily throughout the sailing. We were fortunate to have quiet and not unpleasant (eight) mates on La Gitanita – one US of Indian origin and a Brit on a one-year sabbatical doing Hong-Kong to Hong-Kong and having arrived in Latin America on a freighter from Spain. And a nice crew: Elena the cook, Genaro the sailor, and Yonathan the young captain (who gave us the best cabin). Anyway, I did not see them for the two days that lasted the crossing as the rolling kept me on my bunk, vomiting every time I was trying to get up.

Comme toujours, c’est le voyageur solitaire qui fait les frais. Une autre solution était de faire 3-4 jours de cabotage le long de la côte du Darien Gap sur plusieurs petits rafiots (parfois avec des attentes très longues) et risquer de se faire arnaquer dans des coins perdus (avec beaucoup de bagages en plus), et au bout d’être coincé sur la frontière panaméenne en attendant un coucou trop petit pour les gens en attente de rejoindre Panama City. Ainsi nous avons finalement décidé d’embarquer sur un petit voilier-catamaran à destination de l’archipel de San Blas (magnifiquement caraïbéen parait-il). Nous hésitions car n’avions pas envie d’être coincés sur un petit bateau avec des touristes occidentaux, nous avions entendu des histoires de groupes de jeunes se saoûlant et faisant bruyamment la fête tout au long du trajet. Mais nous avons eu la chance d’avoir des compagnons (huit) tranquilles et agréables à bord de la Gitanita, parmi lesquels une Etatsunienne d’origine indienne et un Britannique en congé sabbatique d’un an voyageant de Hong Kong à Hong Kong et étant arrivé en Amérique latine à bord d’un cargo espagnol. Et surtout une belle équipe: Elena la cuisinière, Genaro le marin et Yonathan le jeune capitaine. De toute façon, je ne les ai pas vus pendant les deux jours de ma traversée. Chaque fois que j’essayais de me lever de notre lit c’était la forte nausée!

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San Blas Archipelago, Panama, December 2015.

But the important is we made it. Delayed by two days due to an engine problem, the weather had gone unusually bad, with 4-meter high waves! The maritime authorities announced “A gale warning continues in effect for the south-central Caribbean waters north of Colombia”… So, we would try to sail the closest possible to the coast. I was anxious as we slowly pulled out of the Cartagena port in the dark of Christmas night. The delay also meant we missed our sister boat and would be all alone on the rough sea. Both boats belong to a Frenchman living in Panama and used to sail together for security. Eventually it was much better because on that bigger boat there had been 19 noisy people.

Mais l’important est que nous sommes arrivés. Retardé de deux jours à cause d’une panne de moteur, le temps était devenu exceptionnellement mauvais, avec des vagues de 4 mètres de haut! Les autorités maritimes annonçaient: “Avertissement continu de bourrasques dans les eaux du centre-sud des Caraïbes” … Nous allions donc essayer de naviguer le plus près possible de la côte. J’avais le coeur serré en sortant tout doucement du port de Carthagène dans l’obscurité de la nuit du jour de Noël. Le retard signifiait aussi que nous avions raté notre bateau-soeur et serions tout seuls sur la mer déchaînée. Les deux bateaux appartiennent à un Français habitant au Panama et naviguent généralement ensemble pour des raisons de sécurité. Mais à la fin c’était beaucoup mieux parce que celui-là transportait 19 personnes bruyantes.

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Panama City, December 2015.

We ended up staying three days in Panama City where we were pleasantly surprised by the old town. The guesthouse where the company that arranged for the crossing – Mamallena – took us was in the modern part, but, after checking, there was nothing cheaper or more convenient elsewhere. We went shopping to the busy sea market, to prepare for a New Year’s eve seafood – complete with not-so-cheap lobster – in the guesthouse kitchen and soon were surrounded by a swarm of young backpackers who said they had never smelled anything so nice in years. Either nowadays parents don’t cook, or have no creativity. The lesson of it all – guesthouse and crossing conditions – do not think too much! I did well to follow the flock, and not my instinct and especially not my brain.

Nous sommes finalement restés trois jours à Panama City où nous avons été agréablement surpris par la vieille ville. La pension où nous a emmenés la société chargée de la traversée – Mamallena – était située dans la partie moderne, mais, après vérification, il n’y avait rien de moins cher ni de plus pratique ailleurs. Nous sommes allés faire des emplettes au très animé marché à poissons, pour nous préparer un poêlée de fruits de mer à l’occasion du réveillon du Nouvel An – complet, avec du homard pas si bon marché que cela – dans la cuisine de la guesthouse. Bientôt, nous étions encerclés par un essaim de jeunes backpackers qui ont dit qu’ils n’avaient jamais rien senti d’aussi bon. De nos jours, les parents ne cuisinent pas ou n’ont aucune créativité. La leçon de tout – guesthouse et traversée: ne pas trop penser! J’ai bien fait de suivre le troupeau, et non mon instinct et surtout pas mon cerveau.

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Panama City, December 2015.

We caught a glimpse of the canal through a fence while a cruise ship was just passing (toll up to USD375,000). We were in the company of a fun duo, a Canadian with a typical accent and a younger Filipino who kept laughing and jumping, a weirdo as they say. His mission, as described on his website, is “To seek answers if ancient man was visited by Extraterrestrials in the distant past”. He urged us to look at the site of Giorgio Tsoukalos, another funny guy, a Greco-Austrian born in Switzerland, living in California, an ex-bodybuilding promoter, doing research on “ancient aliens”, connected to Erich von Däniken, and appearing on the National Geographic Channel. Apparently the National Geographic Channel not only shows serious documentaries but also has “pseudo-scientific entertainment programming”. Anyway it seems connected/partly owned by Rupert Murdoch’s News Corporation who also owns Fox News…

On a entrevu le canal à travers un grillage alors qu’un bateau de croisière passait justement (péage jusqu’à 375.000 dollars). Nous étions en compagnie d’un duo amusant, une Canadienne à l’accent typique et un, plus jeune, Philippin qui n’arrêtait pas de rigoler et de sautiller, un weirdo comme on dit. Sa mission, telle que décrite sur son site internet, est “Chercher des réponses si un ancien homme avait été visité par des extraterrestres dans un passé lointain”. Il m’a vivement conseillé de regarder le site de Giorgio Tsoukalos, un autre drôle de coco, un Greco-Autrichien né en Suisse, résidant en Californie, ex-promoteur de bodybuilding, effectuant des recherches sur les «anciens extraterrestres», connecté à Erich von Däniken et apparaissant sur la chaîne National Geographic. Apparemment, la chaîne National Geographic diffuse non seulement des documentaires sérieux, mais aussi des “émissions de divertissement pseudo-scientifiques”. Elle semble connectée / détenue en partie par la News Corporation de Rupert Murdoch, également propriétaire de Fox News …

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Panama City, December 2015.

We had first gone by intercity bus to the famous Miraflores lock where all the tours go, but to pay 70 bucks for two to see a lock and a museum known to be uninteresting – moreover, in the company of a hundred people – we did not like, nor the duo we met on the spot. We left together and hitchhiked. Buses are not frequent in Panama and on December 31 there was such a traffic with the cars, fleeing the capital, driving very slowly. Finally a brand new pickup filled with furniture at the back stopped and took us to the next lock, Pedro Miguel, 4 km to the north. As there was no place in, the Filipino settled into an armchair on the platform. We gave them a dollar each, but the Canadian woman took out a bill of ten to the astonishment of the driver. A good example of how mass tourism corrupts the local people and makes life more difficult. The bus ticket cost 25 cents for ten kilometers and it was obvious that these two Panamanians were not in need. The gringos do the same thing in Greece, once giving a tip of 300 Euros to a bus driver who could not believe it.

On avait d’abord été en bus interurbain à la fameuse écluse de Miraflores où tous les tours vont, mais payer 70 dollars à deux pour voir une écluse et un musée réputé pour être inintéressant – de plus, en compagnie d’une centaine de personnes – ne nous a pas plu, pas plus qu’au duo qu’on a rencontré sur place. On est repartis ensemble sur la route et fait de l’auto-stop. Les bus ne sont pas fréquents au Panama et en ce 31 decembre il y avait un traffic tel que les voitures, fuyant la capitale, roulaient au pas. Finalement un pick-up dernier modèle rempli de meubles à l’arrière s’est arrêté et nous a pris jusqu’à l’écluse suivante Pedro Miguel à 4 km au nord. Comme il n’y avait pas de place dedans le Philippin s’est installé dans un fauteuil sur la plateforme. En sortant on leur a donné un dollar chacun, mais la Canadienne a sorti un billet de dix au grand étonnement du chauffeur. Bel exemple de comment le tourisme de masse corrompt les populations locales et … nous rend la vie plus difficile. Le billet de bus coutait 25 cents pour dix km et il était évident que ces deux Panaméens n’étaient nullement dans le besoin. Les Amerloques font la même chose en Grèce, une fois donnant un pourboire de 300 Euros à un chauffeur de bus qui n’en revenait pas

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Panama City, December 2015.

 

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