Orinoco Delta

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Little Warao girl in a canoe. Petite fille Warao dans une pirogue.
Ciudad Guayana, Estado Bolivar, Venezuela, January 2017. Just a bridge, but what bridge! Rien qu’un pont, mais quel pont!

On the way to Boca de Uracoa at the entrance of the great Orinoco delta. José was very animated, his constant chat did not prevent him from driving and being the guide, “Here is the new bridge over the Orinoco! Before, you had to cross on a ferry”. He stopped for a moment at the entrance, the river was wide, the plain even wider. To reach the bridge, we had made a detour westwards on a large highway. Ten years ago we would have had to drive another 100 km turning our back to the sea to Puente Angostura in Ciudad Bolivar, which for almost 40 years was the only bridge over the largest river in Venezuela.

This bridge is almost five times longer, 3.16 kilometers, just one less than the Verrazano Bridge near our home in New York. A third bridge was under construction, 360 km upstream/inland further than the first Ciudad Bolivar bridge of. It will also be the longest with eleven km over not only the river but swamps, and a railway track. It was built by the Brazilian company Odebrecht but is apparently stopped for lack of money.

En route pour Boca de Uracoa à l’entrée du grand delta de l’Orénoque. José était fort animé, sa longue parlotte ne l’empêchait pas de conduire et faire le guide, “Voici le nouveau pont sur l’Orénoque! avant il fallait passer avec un bac”. Et il s’est arrêté un moment à l’entrée, le fleuve était large, la plaine encore plus vaste, on avait dû faire un détour par l’ouest par une grande autoroute pour arriver au pont, il y a dix ans nous aurions dû faire 100 km de plus en tournant le dos à la mer jusqu’au Puente Angostura à Ciudad Bolivar, pendant près de 40 ans le seul pont sur le plus grand fleuve du Vénézuela.

Ce pont-ci est près de cinq fois plus long, 3,16 kilomètres, tout juste un de moins que le Verrazano Bridge près de chez nous à New York – un troisième était en train de suivre, cette fois à 360 km en amont du premier pont de Ciudad Bolivar, il sera aussi le plus long avec onze km par-dessus non seulement le fleuve mais des marécages, et une voie ferroviaire. Il était construit par la compagnie brésilienne Odebrecht mais est apparemment arrêté par manque d’argent.

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Clemente was waiting for us at the minimalist pier with his pilot, and we got unto the motorized canoe. Clemente nous attendait à l’embarcadère minimaliste avec son pilote, et nous sommes montés dans la pirogue à moteur.

The Orinoco is not among the 50 largest rivers in the world with only 2062 to 2740 km, according to sources, but it has 26 tributaries and crosses a huge delta of 40,000 km2. Plus it is the 4th in the world in terms of flow with 37,000 m3 per second – that of the Rhine which is half the length (1,233 km) is 2,330 m3 per second …
(The Amazon is by far the river with the largest flow in the world: 209,000 m3 per second! but it is also the longest with almost 7,000 km).

L’Orénoque n’est pas dans les 50 plus grands fleuves au monde avec seulement 2062 à 2740 kilomètres, selon les sources, mais il a 26 tributaires et traverse un immense delta de 40.000 km2, et est le 4ème au monde en terme de débit avec 37.000 m3 par seconde – celui du Rhin qui a la moitié de longueur (1233 km) est de 2.330 m3 par seconde …
(l’Amazone est de très, très loin le fleuve avec le plus grand débit au monde: 209.000 m3 par seconde! mais c’est aussi le plus long avec presque 7.000 km).

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017.

In the language of the Warao Indians, Orinoco means “the place where one paddles”, while their own name means “boat people”. And neither Waraos nor canoes were missing on the canals that we sailed for almost two hours before arriving at the Orinoco Queen camp (!) hidden at the end of a small channel where we had to bend down so as not to be beheaded by the branches of the trees.

Dans la langue des indiens Warao, Orinoco veut dire “l’endroit où l’on pagaye”, soit un lieu naviguable, tandis que leur propre nom veut dit “boat people”. Et ni les Waraos ni les pirogues ne manquaient sur les canaux que nous avons traversés pendant près de deux heures avant d’arriver au campement Orinoco Queen (!) caché au bout d’un petit chenal où il fallait se baisser pour ne pas se faire décapiter par les branches des arbres.

Orinoco delta, Delta Amacuro, Venezuela, January 2017.

I calculated that we should not be far from the Caribbean Sea and Trinidad, less than a hundred kilometers as the crow flies, and about thirty from Tucupita, the capital of the delta reachable from where we were by an arm of the river (but a big road connects it to the rest of the country).

Je calculais qu’on ne devait pas être loin de la mer des Caraïbes et de Trinidad, moins de cent kilomètres à vol d’oiseau, et une trentaine pour Tucupita, la capitale du delta atteignable de là où nous étions par un bras du fleuve (mais une grande route la relie au reste du pays)

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017.

Seeing the many canals of this immense delta, the famous Florentine navigator Amerigo Vespucci who led the conquistadores on their first trip to Venezuela in 1499 (under the orders of the Spaniard Alonso de Ojeda), is said to have exclaimed: “E una Piccola Venezia! “, or Veneziola. Another legend has it that it was the dwellings on stilts of the Waraos Indians on Lake Maracaibo which inspired it. While according to a third version the only Venetian on the boat was an obscure Nicolas and that it is the other navigator and geographer – the Sevillian Martín Fernández de Enciso – who found an indigenous population called “Veneciuela” as he describes it in his “Summa de Geografía” in 1519 … Half a millennium later, go find out!

En voyant les nombreux canaux de cet immense delta le fameux navigateur florentin Amerigo Vespucci qui menait les conquistadores dans leur premier voyage au Vénézuela en 1499 (sous les ordres de l’Espagnol Alonso de Ojeda), se serait exclamé: “E una Piccola Venezia!”, soit Veneziola. Une autre légende veut que ce sont les habitations sur pilotis des indiens Waraos sur le lac Maracaibo qui l’aient inspiré, tandis que selon une troisième version le seul Vénitien sur le bateau était un obscur Nicolas et que c’est l’autre navigateur et géographe – le Sévillan Martín Fernández de Enciso – qui aurait trouvé une population indigène s’appelant “Veneciuela” ainsi qu’il le décrit dans sa “Summa de Geografía” en 1519… Un demi millénaire plus tard, va-t-en savoir qui a raison!

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. One of the 300 or so fish species found in this river – probably from the Leporinus genus in the family Anostomidae – among which the piranhas and the dolphin. L’une des quelque 300 espèces de poissons présentes dans cette rivière – probablement du genre Leporinus de l’ordre des Characiformes – parmi lesquelles les piranhas et les dauphins.
Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Hoatzin (Opisthocomus hoazin). The oldest bird still in existence (over 18 million years ago), it also has the distinction of being a ruminant and the chicks of having two clawed fingers on each wing, which end up atrophied. Hoazin huppé. Le plus ancien oiseau encore existant (plus de 18 millions d’années), il a aussi comme particularité d’être ruminant et les poussins d’avoir deux doigts griffus à chaque aile, qui finissent pas s’atrophier.
Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Tarantula (family of Theraphosidae) on Clemente’s hand. Tarantula (family Theraphosidae) sur la main de Clemente. Araignée mygalomorphe (rien à voir avec le nom français tarentule – Lycosa tarantula/ famille des Lycosidae – qui est une araignée vivant en Méditerranée).
Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Python.

After seeing trees full of toucans, Yellow-rumped cacique (Cacicus cela,), all black with a beautiful yellow ass, and especially these prehistoric-looking hoatzins, a python asleep on a branch early in the morning, the natives fishing for piranhas, and after trying to walk in the delta (we sank to the knee in the mud), Clemente led us to a small clearing at the end of a thin arm of the river.

Après avoir vu dans les arbres plein de toucans, de Cassiques cul-jaune, tout noirs avec un beau … cul jaune, et surtout ces hoatzins à l’aspect préhistorique, un python endormi sur une branche, tôt le matin, des indigènes pêchant les piranhas, et après avoir tenté de marcher dans le delta (on s’est enfoncé jusqu’au genou dans la boue), Clemente nous a amenés jusqu’une petite clairière au fond d’un mince bras de fleuve.

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Rafael, one of Simpietro’s sons, on his way to get supplies. Rafael, un des fils de Simpietro, va chercher des approvisionnements.

A Warao family was settling down, they had to leave their house – and school – upstream because the food had become too expensive, and they chose this lost end of the delta. Simpietro, the father of half a dozen children, including a baby, had just cleared a jungle patch of about a thousand square meters in three days with his machete as the only tool. The trees and leaves still littered the ground, the floor of their hut was half finished on stilts, it needed to be covered with palm leaves, they slept in hammocks. Palm trees have always been at the center of Warao life, they use seven species, including the Moriche, for its fruit, the heart as a delicious food, for water (very pure, contained inside), as construction equipment, roofs, hammocks, canoes, rope, fishing booms, sails, toys, cigar wraps and medicine.

Une famille Warao était en train de s’installer, ils ont dû quitter leur maisonnette – et l’école – en amont parce que la nourriture est devenue trop chère, et ils ont choisi ce bout perdu du delta. Simpietro, le père de la demi-douzaine d’enfants dont un bébé, venait de défricher une parcelle de jungle d’environ mille mètres carrés en trois jours avec son seul machete. Lles arbres et les feuilles jonchaient encore le sol, le plancher de leur hutte était à moitié fini sur pilotis, il restait à la recouvrir de feuilles de palmiers, ils dormaient dans des hamacs. Les palmiers ont de tout temps été au centre de la vie des Waraos, ils utilisent sept espèces, dont le Moriche, pour les fruits, le coeur comme délicieux aliment, de l’eau (très pure, contenue à l’intérieur), du matériel de construction, les toits, des hamacs, des pirogues, du cordage, des barrages pour pêcher, des voiles, des jouets, des enveloppes de cigares et des médicaments.

Orinoco delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. On a narrow channel leading to the family of Siempietro. Sur un chenal étroit menant à la famille de Siempietro.
Orinoco Delta, Amacuro, Venezuela, January 2017. Tibisay, Rafael’s sister. Tibisay, la soeur de Rafael.