Nicaragua

Nicaragua-Costa Rica border, January 2017.

Upon entering Nicaragua, we are greeted by an eloquent poster: President Daniel Ortega and Vice-President Rosario Murillo, his wife, on a pink background with the words: Cristiana, Socialista, Solidaria… During the municipal elections of 2008, the government had hung a large poster with Ortega and the slogan, “To be with the people is to be with God”. The former member of the National Directory of the Sandinista Front for National Liberation (FSLN) has reconciled with his former enemy, Cardinal Miguel Obando y Bravo – friend of John Paul II and great supporter of the Contras. He married in church to his lifelong companion, Rosario Murillo, and supported the absolute ban on abortion, even when the mother’s life is in danger. It is one of five countries in the world to have this policy. In general, the status of women is very threatened in Nicaragua. The organization “Voices Against Violence” counted 345 murders of women between 2012 and 2017, for a population of six million.

En entrant au Nicaragua, nous sommes accueillis par un poster éloquent: le président Daniel Ortega et la vice-présidente Rosario Murillo, sa femme, sur fond rose avec les mots: Cristiana, Socialista, Solidaria… Lors des élections municipales de 2008, le gouvernement avait suspendu une grande affiche avec Ortega et le slogan, “Être avec le peuple, c’est être avec Dieu”. L’ancien membre du Directoire national du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) s’est réconcilié avec son ancien ennemi, le cardinal Miguel Obando y Bravo – copain de Jean-Paul II et grand supporter des Contras. Il s’est marié à l’église avec sa compagne de toujours, Rosario Murillo, et a soutenu l’interdiction absolue de l’avortement, même quand la mère de l’enfant est en danger. Il est l’un de cinq pays au monde à avoir cette politique. En général, le statut de la femme est fort menacé au Nicaragua. L’organisation “Voix contre la Violence” a compté 345 assassinats de femmes entre 2012 et 2017, pour une population de six millions.

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Managua, Nicaragua, January 2016.

Santiago Cathedral, sent piece by piece from Belgium in 1920 and still closed today because it was damaged by the 1972 earthquake. This is the only event that put Nicaragua on US television screens – but for barely an hour – during the ten years before the overthrow of the dictator Anastasio Somoza by the Sandinistas in 1979. And from 1960 to 1978, the New York Times had only three editorials on Nicaragua. “It is not that nothing happened there is that nothing that was going on was remarkable. Nicaragua was of no importance as long as the tyrannical regime of Somoza was not challenged,” says Noam Chomsky.

La cathédrale Santiago, envoyée par morceaux de Belgique en 1920 et encore aujourd’hui condamnée car endommagée par le tremblement de terre de 1972. C’était le seul événement qui a mis le Nicaragua sur les écrans de télévision étatsuniens – mais seulement pour une heure – au cours des dix années avant le renversement du dictateur Anastasio Somoza par les Sandinistes in 1979. Et de 1960 à 1978, le New York Times n’a eu que trois éditoriaux sur le Nicaragua. “Ce n’est pas que rien ne se passait là-bas, c’est que rien de ce qui se passait était remarquable. Le Nicaragua n’était d’aucune importance, tant que le régime tyrannique de Somoza n’était pas contesté”, raconte Noam Chomsky.

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Selva Negra, Nicaragua, January 2016.

The decrepit public transportation is overcrowded with workers during the coffee harvest.

The United States wanted to punish Nicaragua for setting the wrong example with the 1979 revoltuion. In 1981, “a member of the State Department boasted that they were going to ‘transform Nicaragua into the Albania in Central America’, that is to say poor, isolated and politically radical – so that the Sandinista dream to create a new and more exemplary political model for Latin America would be in ruins.

And George Shultz, secretary of state in the 1980s, called the Sandinistas “a cancer, on our very land”, which must be destroyed. At the other end of the political spectrum, the Liberal Leader of the Senate, Alan Cranston, said that “if it is impossible to destroy the Sandinistas, we should just let them soak in their own juices.”

The result: more than 60% of the population survives on less than two dollars a day. In 2002, when economic aid to Israel, a well-to-do country, amounted to $ 540 per capita, Nicaragua, the second poorest country in the Americas after Haiti. only received on average … $ 7.

Les transports publics délapidés sont pris d’assaut par les travailleurs à l’époque de la récolte du café.

Les Etats-Unis ont voulu punir le Nicaragua pour avoir donné le mauvais exemple. En 1981, “un membre du département d’Etat s’est vanté qu’ils allaient ‘transformer le Nicaragua en Albanie d’Amérique centrale’, c’est-à-dire pauvre, isolé et politiquement radical – afin que le rêve sandiniste de créer un nouveau et plus exemplaire modèle politique pour l’Amérique latine soit en ruine .

Et George Shultz, secrétaire d’Etat dans les années 1980, avait qualifié les sandinistes d’un «cancer, sur notre territoire même», qui doit être détruit. À l’autre extrémité du champs politique, le leader libéral du Sénat, Alan Cranston, avait déclaré que “s’il s’avérait impossible de détruire les sandinistes, ‘nous devrions simplement les laisser macérer dans leurs propre jus’».

Résultat: plus de 60% de la population survit avec moins de deux dollars par jour. En 2002, alors que l’aide économique à Israël, un pays bien à l’aise, s’élevait à 540 dollars per capita, le Nicaragua, le deuxième pays le plus pauvre des Amériques après Haïti. ne recevait en moyenne que… 7 dollars.

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Managua, Nicaragua, January 2016.

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Esteli, Nicaragua, January 2016. Town hall with the inscription “First capital of the revolution”. Mairie avec l’inscription “Première capitale de la révolution”.

Four hours and two passport and baggage controls to cross the Panama-Costa-Rica border, two hours for the one between Costa Rica and Nicaragua, and as much for El Salvador. While it took much less than an hour to get from one South American country to another. The countries of Central America are the most divided while they once dreamed of union. And from their independence from Spain in 1821 until 1841 the whole region was part of the United Provinces of central America. The reason? We are in the backyard of the United States, and as with any power – including the Catholic Church and local land oligarchies – the motto is “divide and conquer.”

Quatre heures et deux contrôles des passeports et des bagages pour traverser la frontière Panama-Costa-Rica, deux heures pour celle entre le Costa-Rica et le Nicaragua, autant pour El Salvador. Alors qu’il fallait bien moins d’une heure pour passer d’un pays d’Amérique du Sud à l’autre. Les pays d’Amérique Centrale sont les plus divisés alors qu’ils rêvaient autrefois d’union. Et de leur indépendance de l’Espagne en 1821 jusqu’en 1841 toute la région faisait partie des Provinces unies du centre de l’Amérique. La raison? Nous sommes dans l’arrière-cour des Etat-Unis, et comme pour tout pouvoir – y compris l’église catholique et les oligarchies terriennes locales – la devise est: “diviser pour régner”.

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Esteli, Nicaragua, January 2016.

Revolutionary slogans on the walls and small-scale capitalism in the streets. Before and after the 1979 revolution. Slogans révolutionnaires sur les murs et capitalisme à petite échelle dans les rues. Avant et après la révolution de 1979.

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Esteli, Nicaragua, January 2016.