Colonial Brazil

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.  Fantastic view on the Igreja Nuestra Senora do Carmo from the great pousada, Sao Francisco de Paula, just under the namesake church. Vue fantastique sur l’Igreja Nuestra Senora do Carmo de la grande pousada, Sao Francisco de Paula, située juste sous l’église du même nom.

The Dark Reality Behind the Shining Churches

A gem of an old town, in the true sense as it was the capital of the state of Minas Gerais (General Mines), with mines full of gold, gems, diamonds, and more, making it in the 18th century the richest city in the New World, as can be seen from the 12 lavishly decorated Baroque churches (no photos allowed inside). Nuestra Senhora do Pilar is Brazil’s 2nd richest church with 434 kilos of gold in its decorations …

La sombre réalité derrière les églises brillantes

Véritable joyau cette ville coloniale, au sens strict du terme puisque c’était la capitale de l’État du Minas Gerais (General Mines), avec ses mines remplies d’or, de pierres précieuses, de diamants et bien d’autres, ce qui en faisait au 18ème siècle la ville la plus riche le Nouveau Monde, comme en témoignent les 12 églises baroques richement décorées (aucune photo n’est autorisée à l’intérieur). Nuestra Senhora do Pilar est la deuxième église la plus riche du Brésil avec 434 kilos d’or dans ses décorations …

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.  Open air bronze exhibit of Parisian sculptor Daniel Hourdé. Exposition de bronzes en plein air du sculpteur parisien Daniel Hourdé.

Except it was not so great for the slaves. Gold was discovered in 1693. By 1720, 400,000 Portuguese had descended upon the region… bringing along 500,000 indigenous and African slaves (at the time Rio de Janeiro had 20,000 slaves, and New York 50,000…) Today we can see in the Museu da Inconfidência shackles, guns, whips and human scales used and newspaper notices offering rewards for the return of escaped slaves. So, Ouro Preto (Black Gold) could not only refer to the color of the iron oxide-tainted gold metal found in the ground, but also to the black sweat and blood needed to extract it.

Sauf que ce n’était pas génial pour les esclaves. L’or a été découvert en 1693. En 1720, 400.000 Portugais avaient déferlé sur la région … amenant 500.000 esclaves autochtones et africains (à l’époque il y avait 20.000 esclaves à Rio de Janeiro, et 50.000 à New York…). Le Museu da Inconfidência expose des chaînes, des fusils, des fouets et des balances pour peser les esclaves, ainsi que des avis dans les journaux offrant des récompenses pour le retour des esclaves évadés. Ouro Preto (Or Noir) pourrait non seulement faire référence à la couleur du métal doré teinté d’oxyde de fer trouvé dans le sol, mais également à la sueur et au sang noir nécessaires à son extraction.

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.  Tabajara Busshi, Zen Monk sculptor of Buddahs. Tabajara means village headman in the Tupi-Guarani language. Tabajara Busshi, moine zen, sculpteur de Bouddhas. Tabajara signifie chef de village dans la langue Tupi-Guarani.

Not only was it bad for the slaves. The Portuguese crown was as greedy as expected. 800 tons of gold were sent to Portugal in the 18th century, including the royal fifth. There was more gold exported illegally, and some to adorn the local churches. The tax was so high that in 1789, inspired by the French Revolution, Joaquim José da Silva Xavier (nicknamed Tiradentes,‘Tooth Puller,’ for his dentistry skills), led an uprising against the Portuguese known as the Inconfidência Mineira. It failed though and Tiradentes was quartered in Rio de Janeiro and his head paraded around Ouro Preto, his house demolished and its grounds salted to ensure that nothing would grow there.

Ce n’était pas seulement mauvais pour les esclaves. La couronne portugaise était aussi cupide que l’on peut s’imaginer. 800 tonnes d’or ont été envoyées au Portugal au 18ème siècle, y compris l’impôt royal (un cinquième). Il y avait également de l’or exporté illégalement, ainsi qu’une quantité pour orner les églises locales. L’impôt était si élevé qu’en 1789, inspiré par la Révolution française, Joaquim José da Silva Xavier (surnommé Tiradentes, «l’ extracteur de dents» pour ses compétences en dentisterie), mena un soulèvement contre les Portugais connu sous le nom d’Inconfidência Mineira. Il échoua cependant et Tiradentes fut écartelé à Rio de Janeiro, sa tête défilant autour d’Ouro Preto, sa maison démolie et son terrain salé pour que rien ne pousse plus là.

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.

This is not just history, since slavery was abolished in 1888 in Brazil. It may become the future. Set a mere 60 km away from Ouro Preto – Brazil’s first Unesco World Heritage site – Mina do Pico of the Vale company – the world’s third-largest mining firm, and the largest producer of iron ore and nickel in the world, with annual revenue of $33.2 billion – was recently accused of modern slavery, i.e. subjecting 309 workers to slavelike conditions, allegedly asking one worker to drive a 100-ton truck for 23 hours with a break of only 40 minutes. Ministry of Labor inspectors accused the company of keeping the workers in degrading conditions, with feces scattered on the floor of the bathrooms, meaning the drivers had to go to the toilet on the roadside and could not change their filthy clothes after work. The conditions were “disgusting,” according to a statement from the Ministry of Labor. “The workers were also subjected to exhausting journeys and degrading conditions and were the victims of fraud, false promises and threats,” it said.

Ce n’est pas seulement du passé, puisque l’esclavage a été aboli en 1888 au Brésil. Cela risque de devenir l’avenir. Situé à seulement 60 km d’Ouro Preto – le premier site brésilien au patrimoine mondial de l’Unesco – Mina do Pico de la société Vale – la troisième plus grande entreprise minière au monde et le plus grand producteur de minerai de fer et de nickel au monde, avec un chiffre d’affaires annuel de 33,2 milliards de dollars – a récemment été accusé d’esclavage moderne, c’est-à-dire d’avoir soumis 309 travailleurs à des conditions esclavagistes, demandant à un travailleur de conduire un camion de 100 tonnes pendant 23 heures avec une pause de seulement 40 minutes. Les inspecteurs du ministère du Travail ont accusé la société de maintenir les travailleurs dans des conditions dégradantes, avec des excréments éparpillés sur le sol des toilettes, empêchant les chauffeurs de s’y changer après le travail et les obligeant à utiliser le bord des routes comme toilette. Les conditions étaient “dégoûtantes”, selon un communiqué du ministère du Travail. «Les travailleurs étaient également […] victimes de fraudes, de fausses promesses et de menaces».

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.  White-eyed parakeet or white-eyed conure (Psittacara leucophthalmus, previously Aratinga leucophthalmus), a Neotropical parrot native to South America. Conure pavouane, espèce néotropicale.

So much beauty on so much misery in this world. Tellement de beauté sur tellement de misère dans ce monde.

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Ouro Preto, Brazil, September 2015.  Church of Saint Francis of Assisi (1771), one of a dozen lavishly decorated baroque churches in this town of 70,000. Église Saint-François d’Assise (1771), l’une des douze églises baroques richement décorées de cette ville de 70 000 habitants.

And it will get worse. More conservatives are elected to Parliament, and, after four consecutive leftist governments since 2002, a far-right president, Jair Bolsonaro, has just been elected (October 2018). All intend on shielding the companies at the expense of the workers: “The intention with [a new law] is to demolish the legal structure that has made Brazil a worldwide example in the fight against slave labor, recognized by the United Nations and the International Labor Organization”, state Deputy Carlos Bezerra Jr. wrote in a scathing opinion piece in the newspaper Folha de S. Paulo last year. “Only medieval conditions of exploitation of people would be recognized as slave labor, and the guilty would have legal support to keep everything secret”. [http://projects.aljazeera.com/2015/07/slavery-brazil/big-business-interests.html]

Et cela va empirer. De plus en plus de conservateurs sont élus au Parlement et, après quatre gouvernements de gauche consécutifs depuis 2002, un président d’extrême-droite, Jair Bolsonaro, vient d’être élu (octobre 2018). Ils ont tous l’intention de protéger les entreprises aux dépens des travailleurs: «L’intention de [une nouvelle loi] est de démolir la structure juridique qui a fait du Brésil un exemple mondial dans la lutte contre le travail esclavagiste, reconnu par les Nations Unies et l’Organisation Internationale du Travail», a déclaré l’an dernier le député Carlos Bezerra Jr. dans un article cinglant du journal Folha de S. Paulo. «Seules les conditions d’exploitation médiévales des personnes seraient reconnues comme du travail forcé et les coupables disposeraient d’un soutien juridique leur permettant de tout garder secret». [http://projects.aljazeera.com/2015/07/slavery-brazil/big-business-interests.html]

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