Vietnam

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Nha Trang, Vietnam, December 1994. These schoolgirls are maybe laughing at their future in this soon-to-be a new Bali seaside town. Des écolières rient, peut-être en pensant à leur futur dans ce qui va devenir la Bali de la côte vietnamienne. Légende en français tout en bas.

Laughing, they touch us, pull our hair, squeal, and make us forget the dark side of their condition. “With the opening of our country, we must all learn English. But I have problems, my family cannot afford anymore my classes. I see their standard of living decrease and I worry”, says 12-year old Bich Huy n. And then, Bich Huy n with her wide laughter, Anh Tuy t’ a plush hat, Minh Xu n her bicycle, Mai her shirt buttoned all the way up, Trâm, Hu’ông, Thu, all schoolgirls from the hamlet of Dông Dé’.

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Nam Dinh, Vietnam, December 1994. Waiting to cross the Red River by the Haiphong Delta. En attendant le bac pour passer un des bras du fleuve Rouge.

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Hoi An, Vietnam, December 1994. Homebound hair salon. Salon de coiffure la maison. Légende en français tout en bas.

While the husband repairs the tire of our rented motorbike, we talk with the family. He too was in the defeated army. He too is unemployed. He too barely survives with his small business. His wife has a small hair salon at home.

They are eating. A plate of dried fish, a bottle of beer and two small sake cups. The smell of alcohol is all over the place. They are happy to have guests. Laughter goes out, interspersed with thoughtful moments as they relate their life. Conversation is difficult for L Anh manages but a few words of a French he has not spoken in twenty years. But human warmth is present. Upon leaving, we realize we are happy to have blown a tire.

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Nha Trang, Vietnam, December 1994. Exercise is part of a daily routine for many Vietnamese. Exercice quotidien pour beaucoup de Vietnamiens.

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Hanoi, Vietnam, December 1994. Schoolchildren visiting the Ho Chi Minh museum. Ecoliers en visite au musée d’Ho Chi Minh. Légende en français tout en bas.

War Museum. A group of schoolchildren [not this picture] sits in the middle of the room while they explain to them the photographs, portraits of other children, burned by napalm, mutilated by bombs, killed by bullets, photos of U.S. soldiers , images of destruction. They go from one room to the next. Unfortunately, we do not understand the words.

But we see the gestures. Outside, in the large yard, the children go near exhibited tanks, planes, helicopters still bearing the U.S. army star. And they touch these killing devices, they circle the large 6.8-ton cylinder holding each other by the hand. This bomb mutilated everything within a 3-kilometer diameter. These children are all blind.

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Ho-Chi-Minh-Ville, Vietnam, December 1994. Photo with Ho Chi Minh. A favorite pastime. Photo avec Ho Chi Minh. Un passe-temps favori. Légende en français tout en bas.

In front of City Hall, a large, modern bus. In the bus, a group of Japanese. The tourists come down, cameras and videos at the shoulder, and enter as a body in the City Hall. A renovated building from the colonial period. The visit brings good money to the municipality. Uncle Hô turns his back to the scene.

Légendes vietnamiennes

VIE94-CHI2. Nha Trang, Vietnam, décembre 1994. Rieuses, elles nous touchent, tirent les poils, piaillent et nous font oublier les côtés noirs de leur situation. “Avec l’ouverture de notre pays, nous devons tous apprendre l’anglais. Mais j’ai des problèmes. Ma famille ne sait plus payer mes classes d’anglais. Je vois leur niveau de vie diminuer et je m’inquiète”, dit Bich Huy n, 12 ans. Et puis, Bich Huy n avec son large rire, Anh Tuy t’ un chapeau en peluche, Minh Xu n sa bicyclette, Mai sa chemise boutonnée jusqu’au dessus, Trâm, Hu’ông, Thu, toutes du patelin de Dông Dé’.

VIE94-WOM4. Hoi An, Vietnam, décembre 1994. Pendant que le mari remplace la chambre à air de notre moto de location, nous parlons avec la famille. Lui aussi était dans l’armée vaincue. Lui non plus ne trouve pas de travail. Lui aussi vivote avec son petit commerce. Sa femme a un petit salon de coiffure chez elle. Ils sont en train de manger. Une assiette de poisson séché, une bouteille de bière et deux petites tasses de saké, l’eau-de-vie de riz. On sent l’odeur d’alcool dans l’air. Ils sont contents d’avoir des invités. Les rires fusent, entrecoupés d’expressions songeuses, pendant qu’ils racontent leur vie. La conversation est difficile car L Anh ne connaît que quelques mots d’un français qu’il n’a plus utilisé depuis vingt ans. Mais la chaleur est là. En partant, nous réalisons que nous sommes contents d’avoir crevé un pneu.

Petites histoires saïgonnaises

VIE94-POL2. Devant l’Hôtel de Ville, un grand autocar moderne. Dans l’autocar, un groupe de Japonais. Les touristes descendent, appareils photo et caméras en bandoulière, et entrent en masse dans l’Hôtel de Ville. C’est un bâtiment rénové de l’époque coloniale. Sa visite rapporte de belles rentrées à la municipalité. Oncle Hô tourne le dos à la scène.

C’est devant l’ancienne ambassade des Etats-Unis qu’elle a choisi de nous accoster. Elle aussi est à moto. Souriant bravement. La quarantaine. Elle se présente, institutrice. Elle nous demande des médicaments. Puis elle nous propose de nous emmener dans le delta du Mékong au sud, ou au tunnel de Cu Chi au nord, ou à la mer de Chine à l’est, ou n’importe où l’on veut. “Dans une voiture climatisée. Vous verrez, monsieur, madame, c’est très joli, les bacs, les rizières, les marchés”. En désespoir de cause elle nous offre une carte postale, qu’elle a fait elle-même, dit-elle. Sur un morceau de tissu, dessiné en noir, un sampang file sur un fleuve entre des montagnes et des bambous. “Donnez-moi ce que vous voulez, s’il vous plaît. J’ai besoin d’argent, je dois nourrir mes enfants”.

VIE94-CHI1. Musée de la guerre. Un groupe d’écoliers s’asseoit au milieu de la pièce pendant qu’on leur explique les photos, des portraits d’autres enfants, brûlés par du napalm, mutilés par des bombes, tués par des balles, des photos de soldats étatsuniens, des images de destruction. Ils passent d’une salle à l’autre. Malheureusement, nous ne comprenons pas les paroles. Mais nous voyons les gestes. Dehors, dans la grande cour, les enfants s’approchent des tanks exposés, des avions, des hélicoptères portant encore l’étoile de l’armé étatsunienne. Et ils touchent ces engins de guerre, ils entourent le gros-grand cylindre de 6,8 tonnes en se donnant l’un l’autre la main. Cette bombe mutilait tout dans un diamètre de trois kilomètres. Ces enfants sont aveugles.

La poste centrale est dans un imposant édifice du siècle passé. Après avoir collé un timbre sur chacune de mes 18 cartes postales, je demande une employée de les oblitérer devant moi. L’affranchissement international représente le salaire quotidien d’un employé.

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