Indonesia

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Dieng Plateau, Java, Indonesia, November 1994. Guests watching a performance at a wedding. Badauds fascinés par le spectacle en l’honneur d’un mariage. Légende en français tout en bas.

Every Sunday, this plateau, right in the heart of Java, with its Hindu temples and its multicolor lake, attracts many strollers from the nearby villages. Today, a theatrical troupe plays to the sound of the gamelan. Newlyweds ordered the show for their guests. The actors and musicians are concentrated on their roles, the public is captivated by the plot, the children come and go, and we can observe at leisure this kaleidoscope of figures and costumes as fascinating as the one unfolding on the stage. The drummer, with copper-colored and rounded features, beats on both sides his long kendang, horizontally placed on the floor. Equipped with mallets, his companions hit many other percussion instruments for, after all, gamel means hammer. As in the Chinese operas, the lengger dancer has covered his face with a mask of the woman whose role he plays. On the stone rows, two villagers are mesmerized by the feline movements of the man-woman who walks on glass, eats glass, descends into trances.

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Dieng Plateau, Java, Indonesia, November 1994. Performing on the occasion of a wedding. Des mariés ont commandé un spectacle pour leurs invités. Légende en français tout en bas.

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Jakarta, Indonesia, November 1994. Irian Jayans participating at a handicraft fair in the capital, rest at night. Trois hommes d’Irian Jaya venus participer une foire artisanale dans la capitale, se reposent le soir. Légende en français tout en bas.

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Bukit Lawang, Sumatra, Indonesia, November 1994. One of the many rubber plantations in this island so rich in natural resources, so poor in wealth distribution. Une des nombreuses plantations de caoutchouc dans cette île si riche en ressources naturelles, et si pauvre en distribution des richesses. Légende en français tout en bas.

He trudges between the rows of seemingly frail trees, in fact the source of a robust industry. He stops at every full receptacle and collects the latex which has bled from the hevea tree. With a nicker — a small cutter with a crescent-shaped blade — he taps the bark a little deeper, and the foul-smelling liquid starts anew to come up.

Sickly, he tells us he lives two kilometers away and is working to raise his two boys. For lack of a common language, we cannot go much further. The mosquitoes, however, do not need words to express themselves. They come in droves, enjoying the dampness of the plantation. We ignore their fine bites; the anopheles come out only at night.

One more plantation in this 1,650-kilometer long island, rich in natural resources — rubber, oil, pepper, tea, coffee, cocoa, tobacco, rice, etc. — and in labor. Immensely rich. The rickety bus takes over four hours to cover the 80 kilometers (50 miles) to Medan, Sumatra’s northern capital. The pot-holes, you see. The open gutters, the holes, the carts. Immensely poor.

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Padangbai, Bali, Indonesia, November 1994. Rice harvest in the hilly center of the island. Rizière dans le centre de l’île. Légende en français tout en bas.

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Jakarta, Indonesia, November 1994. Ten-foot long, 300-pound heavy Komodo dragon. Trois mètres, 140 kilos, pas mal pour un lézard …

 

Légendes indonésiennes

IDO94-MEN1 & IDO94-PRF2. Plateau de Dieng, Java, Indonésie, novembre 1994. Le dimanche, ce haut-plateau en plein coeur de Java, avec ses temples hindous et son lac multicolore, attire beaucoup de flâneurs des villages avoisinnants. Aujourd’hui, une troupe théâtrale joue au son du gamelan. Des mariés ont arrangé le spectacle pour leurs invités. Les acteurs et les musiciens sont concentrés dans leurs rôles, les spectateurs captivés par l’intrigue, les enfants vont et viennent, et nous pouvons observer à loisir ce kaléidoscope de figures et de costumes aussi passionnant que celui qui se déroule sur la scène. Le tambourineur, aux traits cuivrés et arrondis, bat des deux côtés son long kendang posé horizontalement sur le sol. Armés de maillets, ses compagnons frappent sur plusieurs autres instruments percussion puisque, après tout, gamel signifie marteau. Comme dans les opéras chinois, le danseur lengger s’est couvert le visage d’un masque de femme, celle qu’il interprète. Sur les gradins de pierre, une villageoise fixe avec fascination les évolutions félines de l’homme-femme qui marche sur du verre, mange du verre, entre en transes. Au loin, des paysannes coiffées de chapeaux de paille coniques, remontent de champs de cultures, pliées sous un panier ou un faisceau de branchages.

IDO94-PRF1. Djakarta, Indonésie, novembre 1994. Trois Irian Jayanais s’en sont venus à la capitale de l’archipel. Zakarias a amené ses outils et s’est mis à sculpter. Sabinus a pris sa guitare et s’est mis jouer. Casim a ouvert la bouche et s’est mis chanter. Ils ont laissé leur terre de Nouvelle-Guinée, la plus grande île du globe, dominée par l’Indonésie qui la partage avec la Papouasie. Ils ont fait 3.000 kilomètres, avec l’aide du consortium financier qui a organisé cette grande foire commerciale puisqu’ils ne sont “que” d’humbles artisans. La langue est remplacée par les mimiques, les mots par des sourires, les paroles par la musique. Renversé dans un fauteuil, Sabinus étreint sa guitare et une mélodie jaillit de son être, s’élève dans l’air, s’échappe de la petite terrasse, embrasse les arbres, entame le retour vers l’île lointaine, à travers la chaude nuit étoilée. Ses deux compagnons le rejoignent, plus âgés, ils sont aussi moins l’aise. Nous avons de la peine les empêcher de se courber quand nous passons près d’eux, même Zakarias, devant les années duquel c’est plutôt nous qui devrions nous incliner. Il nous reste une petite journée en Indonésie.

IDO94-ECO2. Bukit Lawang, Sumatra, Indonésie, novembre 1994. Il chemine entre les rangées d’arbres à l’apparence malingre, mais source d’une robuste industrie. Il s’arrête à chaque récipient plein et récolte le latex qui a saigné de l’hévéa. Avec un entailloir, petit couteau lame en forme de croissant, il incise un peu plus l’écorce et le liquide nauséabond commence derechef à poindre. Malingre, il nous explique qu’il habite à deux kilomètres et travaille pour élever ses deux garçons. Faute de langue commune, on ne peut aller plus loin. Les moustiques par contre, n’ont pas besoin de mots pour s’exprimer. Ils sont là en nombre vu l’humidité de la plantation. On ignore leur fines piqûres; les anophèles ne sortent que la nuit. Une plantation de plus dans cette île longue de 1.650 kilomètres, immensément riche en ressources naturelles — caoutchouc, pétrole, poivre, thé, café, cacao, tabac, riz, etc. — et en main d’oeuvre. Immensément riche. Le bus met plus de quatre heures à parcourir les 80 kilomètres jusqu’à Medan, la capitale du nord de Sumatra. Les nids de poule, voyez-vous. Les cassis, les trous, les charettes.

IDO94-ECO1. Padangbai, Bali, Indonésie, novembre 1994. Rizières, rizières, rizières, au doux pays des nombreuses danses et rituels, celle-ci étant au pied du volcan Agung, la Montagne-Mère qui, du haut de ses 3.142 mètres, n’en a pas moins craché, en 1963, du feu, de la lave et des gaz mortels qui sont arrivés jusqu’à la mer, tuant sur leur passage plusieurs milliers de Balinais et détruisant plusieurs villages.

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